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avril 2021

Une épée de l’âge du bronze exhumée dans un très bon état d’un chantier archéologique danois

Très bien conservée, l’arme datée de la fin du IIe millénaire av. J.-C. avait été déposée en offrande dans une petite fosse sur l’île de Fionie au Danemark.

Les fouilles d'archéologie préventives sur l'île de Fionie, au Danemark, se concentrent depuis un an sur le tracé d'un futur gazoduc. Odense Bys Museer. DR.

Les fouilles d’archéologie préventive sur l’île de Fionie, au Danemark, se concentrent depuis un an sur le tracé d’un futur gazoduc. Odense Bys Museer. DR.

 

Elle servait autrefois à croiser le fer : l’arme en bronze qui a été découverte [au début du mois de mars] au Danemark vaut aujourd’hui son pesant d’or symbolique. Encore tranchante, longue de 80 cm, l’épée brille par son très bel état de conservation qui a étonné et ému les archéologues, chevronnés comme amateurs, ayant assisté à sa sortie de terre. «Ce n’est vraiment pas tous les jours qu’on trouve un objet aussi bien conservé de l’âge du Bronze, s’est réjouie la directrice de fouille Cathrine Frederiksen, dans les colonnes du quotidien local Fyens Stiftstidende . On peut passer toute une carrière d’archéologue sans jamais rien trouver de similaire.»

L’arme en bronze, exhumée le 1er mars près du village de Håre, dans l’ouest de l’île de Fionie, est une offrande votive de 1,3 kg qui avait été déposée dans un petit fossé au sein d’un ensemble domestique sur lequel sont intervenus les archéologues. Daté de la phase IV de l’âge du bronze danois, c’est-à-dire des alentours de 1100 av. J.-C., il s’agit d’une découverte rare, rendue plus inestimable encore par l’état exceptionnel de sa poignée. «C’est tout à fait unique» a déclaré dans un communiqué le conservateur en chef du musée Møntergården Jesper Hansen. La poignée composée d’éléments en bois, en ivoire et en bois de cervidé est très bien conservée». En général faites d’éléments en matériaux périssables, les poignées d’épées anciennes ne parviennent que rarement en bon état jusqu’à notre époque et n’offrent ainsi, la plupart du temps, que la structure nue et dégradée de leur lame au regard des archéologues qui les déterrent.

Détail de l'épée en bronze de Håre. Odense Bys Museer/Helle Deichmann. DR.

Détail de l’épée en bronze de Håre. Odense Bys Museer/Helle Deichmann. DR.

 

 

Autre bonne nouvelle, le tissu dans lequel l’arme en bronze fut enterrée a également été en partie préservée et devrait faire l’objet, avec autres éléments organiques, d’une datation au carbone 14 pour préciser la chronologie stratigraphique. De même, un échantillon de métal ponctionné sur l’objet devrait permettre d’en savoir plus sur la composition précise et l’origine de l’alliage de cuivre et d’étain qui forme le bronze de la lame. D’après Jesper Hansen, comme ni le cuivre ni l’étain n’étaient disponibles dans les îles danoises de l’âge du Bronze, l’identification de l’origine métallurgique de l’objet pourrait aider les chercheurs à comprendre les réseaux d’échanges qui sillonnaient le continent européen il y a 3000 ans. La composition des métaux de l’arme pourrait aussi apporter des indices sur son extraordinaire état de conservation, même si les archéologues danois misent avant tout sur les propriétés bien connues du sol de l’île, dont la tourbe a déjà livré par le passé quantité d’objets archéologiques datant de l’âge du Bronze, ainsi qu’une des plus anciennes «momies des tourbières» – l’Homme de Koelbjerg – décédé vers 8000 av. J.-C.

La suite ici : https://www.lefigaro.fr/culture/une-epee-de-l-age-du-bronze-exhumee-dans-un-tres-bon-etat-d-un-chantier-archeologique-danois-20210318