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Vue zénithale des chapelles latérales sud. La chapelle la plus ancienne, construite au XIVe siècle, se situe à l’est. Cliché Flore Giraud.
septembre 2012 Montbrison (Loire)

Un ordre mendiant dans le comté du Forez

La fouille du couvent des Cordeliers

La communauté d’agglomération Loire-Forez ayant pour projet l’aménagement de l’ancienne église des Cordeliers de Montbrison en médiathèque, une fouille archéologique préventive a été effectuée par la société Archeodunum SAS, parallèlement à une étude de bâti.
L’église, érigée dans le dernier quart du XIIIe siècle, est dotée d’un fort contrefortement au sud et d’un cloître au nord. Entre le XIVe et le XVIIe siècle, le mur sud est successivement percé de grandes ouvertures permettant l’accès aux chapelles latérales. La nef est rehaussée dans le courant du XVIIe siècle avec l’aménagement de nouvelles fenêtres et d’une nouvelle toiture. À partir du XVIIIe siècle se succèdent une grande série de transformations : destruction du chœur et des chapelles, nombreux percements liés aux diverses fonctions qui vont lui être imputées (grenette, théâtre, salle des fêtes et caserne de pompiers).
Le droit de sépulture étant l’une des principales sources de revenus chez les ordres mendiants, le couvent prévoit l’emplacement de sépultures privilégiées aménagées dans le mur de la galerie du cloître sous la forme d’enfeus dès l’origine. Les galeries sont par ailleurs entièrement occupées par des sépultures en fosse.
La nef de l’église compte plusieurs caveaux, dont un ensemble constitué de quatre caveaux maçonnés de très bonne facture adossés à ce qui pourrait être un mur de chancel. De nombreuses sépultures en fosse occupent le reste de l’espace.
Les quatre chapelles latérales sud mises au jour présentent toutes les fondations d’un autel accolé à leur mur oriental. Deux des chapelles abritaient des caveaux importants, et la fouille de la chapelle orientale, la plus grande et la plus ancienne (XIVe siècle), a permis le prélèvement de plusieurs plaques d’enduits peint illustrant le décor de cet espace.
La fouille des sépultures n’a pu être exhaustive en raison de la forte densité de vestiges. 77 structures funéraires ont cependant pu être fouillées, dont 62 sépultures en fosse, comptabilisant un total de 121 individus. Ce corpus présente 92 adultes et 14 sujets immatures. Par ailleurs, l’étude précise de nombreuses réductions et ossuaires. Les analyses taphonomiques préliminaires indiquent que l’inhumation en cercueil et/ou en linceul est de mise que ce soit pour les inhumations en fosse ou en caveaux.

David Jouneau, Sabrina Charbouillot, Cécile Randon, Quentin Rochet