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août 2019

Sur la trace des potiers de Pompéi

 

En l’an 79 de notre ère, l’éruption du Vésuve figeait, en quelques instants, la vie à Pompéi. Près de deux mille ans plus tard, des archéologues tentent de reconstituer l’histoire et l’activité de la ville. Parmi eux, Laetitia Cavassa mène l’enquête sur les potiers de Pompéi. Elle nous livre le récit de six années de campagnes, entre fouilles et relevés d’empreintes digitales.

Quelques vases d’époque préromaine déposés dans la sépulture de la tombe samnite découverte sur le site des fouilles archéologiques. © Géraldine Bénit.

Quelques vases d’époque préromaine déposés dans la sépulture de la tombe samnite découverte sur le site des fouilles archéologiques. © Géraldine Bénit.

Par Laetitia Cavassa ©

#01 – lundi 18 novembre 2018

Lorsque nous pénétrons ce matin sur le site de Pompéi, le parc archéologique n’est pas encore ouvert au public. Je retrouve donc le forum désert, surplombé par le Vésuve. Le Vésuve…  principal acteur de notre aventure, dont léruption en l’an 79 de notre ère a enseveli Pompéi et ses habitants et en a fait le document majeur sur l’Antiquité romaine.

Cela fait déjà quatorze ans que je participe à des missions ici. Mais l’émotion reste la même. Déambuler dans les rues, passer devant les maisons et les boutiques me laisse toujours une sensation aussi forte que difficile à décrire. Selon les saisons, les couleurs changent et le Vésuve se couvre parfois de neige. Pas ce matin…

Je guette sur leur visage les impressions de mes compagnons pour cette mission : Aurore Lambert1, anthropologue, qui est une habituée des lieux, ainsi que Lionel Roux, photographe pour le Centre Camille-Jullian, André Desmarais2, spécialiste en sciences judiciaires, et Pascale Desmarais, pour lesquels il s’agit de la première mission dans ce lieu mythique. Que viennent faire les sciences judiciaires à Pompéi ? Tout simplement contribuer à une enquête scientifique de longue haleine, que je mène sur les ateliers de potiers. Cette campagne-là est précisément dévolue aux potiers : qui sont-ils  Nous le saurons grâce aux empreintes digitales laissées sur les vases qu’ils ont tournés ou moulés il y a près de deux mille ans. J’en ai conscience depuis des mois, mais je comprends vraiment ici que cette mission marque l’une des dernières étapes de ma recherche sur les ateliers de potiers à Pompéi commencée en septembre 2012, lorsque j’étais en poste au Centre Jean-Bérard3 de Naples. Ce laboratoire du CNRS, créé il y a plus de cinquante ans, développe depuis les années 2000 un programme de recherches consacré à l’artisanat et l’économie dans la cité antique, mis en place par Jean-Pierre Brun, ancien directeur du Centre Jean-Bérard, aujourd’hui professeur au Collège de France.

En tant qu’archéologue, spécialisée dans l’étude de la céramique antique, j’étudie les objets en terre cuite que nous mettons au jour lors des fouilles : je dois déterminer leur type (bol, marmite, pot…), leur origine géographique, leur datation… mais aussi où et comment ces objets ont été fabriqués. Quoi de plus naturel que de me tourner vers le site de Pompéi, qui était alors à quelques kilomètres de chez moi  ? C’est ainsi que prit naissance ce programme sur les potiers pompéiens, il y a tout juste six ans. Chaque année, chaque campagne apporte de nouvelles pièces au puzzle géant que nous tentons de reconstituer.

La suite sur https://lejournal.cnrs.fr/articles/sur-la-trace-des-potiers-de-pompei
Notes

 

  • 1. Eveha – Chercheuse associée Aix-Marseille Université, CNRS, EFS, ADES, Marseille.
  • 2. Chercheur associé AixMarseille Université, CNRS, EFS, ADES, Marseille.
  • 3. Unité CNRS/École française de Rome.