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Gisant de Philippe de Guèldre par Ligier Richier. © Marsyas 2006. Wikimedia Commons.
mars 2017

Nancy – Exposition

Ligier Richier et Philippe de Gueldre : une double commémoration

Du 11 avril au 9 juin 2017

L’année 2017 marque le 450e anniversaire de la mort du sculpteur Ligier Richier et le 550e anniversaire de la naissance de la duchesse de Lorraine Philippe de Gueldre. Pour célébrer ce double anniversaire, le Palais des ducs de Lorraine-Musée lorrain de la Ville de Nancy propose au public de redécouvrir le gisant de Philippe de Gueldre. Ce chef d’œuvre du sculpteur lorrain est conservé dans l’église des Cordeliers. Au programme : des visites et une journée d’études.

Ligier Richier et l’art funéraire, la mort transfigurée
Né vers 1500 à Saint-Mihiel, le sculpteur Ligier Richier est à la tête d’un atelier réputé produisant des portraits en terre cuite, des retables et des statues en bois polychromes. Ses différentes mises au tombeau et représentations du Christ mort, empreintes de théâtralité, illustrent la dévotion très marquée des Lorrains du XVIe siècle envers la Passion du Christ. La qualité du traitement des visages ou des drapés des vêtements, le choix des attitudes des corps et la science de l’occupation de l’espace font de ses réalisations une œuvre émouvante et emplie de tension dramatique.

 

Mise au Tombeau (ou Saint Sépulcre) par Ligier Richier (ca1500-ca1567). Eglise Saint-Etienne à Saint-Mihiel. © Vassili 2008.jpg Wikimedia Commons

Mise au Tombeau (ou Saint Sépulcre) par Ligier Richier (ca 1500-ca 1567). Église Saint-Étienne à Saint-Mihiel. © Vassili 2008. Wikimedia Commons.

 

 

Philippe de Gueldre, duchesse de Lorraine et « povre ver de terre »
Fille du duc de Gueldre Adolphe d’Egmont, Philippe de Gueldre épouse en 1485 le duc René II de Lorraine avec lequel elle aura douze enfants. Écartée de la régence à la mort de René II, elle se retire au couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson où elle passe les 27 dernières années de sa vie. Faisant preuve d’une piété mystique tournée vers la Vierge et les souffrances de la Passion du Christ, elle se désigne elle-même comme un « povre ver de terre ». À sa mort en 1547, à l’âge de 85 ans, elle acquiert très rapidement une réputation de sainte et devient l’objet de nombreuses dévotions. Bien que l’Église catholique ne l’ait jamais reconnue comme telle, elle est considérée « bienheureuse » par la ferveur populaire.

 

Frontispice d'un manuscrit de la Vie de Ludolphe de Saxe, destiné à Philippe de Gueldre. Vers 1506-1508. Enluminure sur parchemin (35,5 × 24,5 cm). Bibliothèque municipale de la Ville de Lyon. F. © IHRT Wikimedia Commons.

Frontispice d’un manuscrit de la Vie de Ludolphe de Saxe, destiné à Philippe de Gueldre. Vers 1506-1508. Enluminure sur parchemin ( 35,5 × 24,5 cm). Bibliothèque municipale de la Ville de Lyon. Ms 5125, fol. 3v-4r. © IRHT 2015. Wikimedia Commons.

 

Le gisant de Philippe de Gueldre, chef d’œuvre de Ligier Richier
Dans son testament, la duchesse demande à être enterrée très simplement dans le cimetière du couvent des Clarisses de Pont-à-Mousson. Néanmoins en 1548, ses descendants demandent au sculpteur Ligier Richier de lui ériger un monument plus digne de son rang au sein de la chapelle du couvent. Sur un tombeau en marbre noir, la duchesse apparaît revêtue de son habit de religieuse, les mains disposées à l’italienne, c’est-à-dire posées à plat l’une sur l’autre et non jointes en prière. À ses pieds, une petite clarisse, le visage masqué à la façon d’un pleurant, porte sur la couronne royale ses titres de reine de Sicile et de Jérusalem. Entreprise en 2012, la restauration du gisant de Philippe de Gueldre a permis de retrouver l’exceptionnelle gamme chromatique de l’œuvre ainsi que l’extraordinaire expressivité du visage de la duchesse qui semble reposer pour l’éternité.

 

Gisant de Philippe de Guèldre par Ligier Richier. © Marsyas 2006. Wikimedia Commons.

Gisant de Philippe de Guèldre par Ligier Richier. Sculpture en calcaire enduit d’encaustique coloré. Église des Cordeliers à Nancy. © Marsyas 2006. Wikimedia Commons.