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mai 2015

Musée du Louvre

Cycle de conférences

Du 1er au 22 juin 2015

Auditorium du Louvre

Le Louvre propose une rendez-vous annuel dédié à la recherche en archéologie, en histoire des arts et de la culture. Sur un sujet original lié aux collections du musée, un historien de renom présente à l’auditorium une réflexion inédite, qui donne lieu à des rapprochements transdisciplinaires entre des œuvres du monde entier. À la fois exposés savants, présentations ouvertes au grand public et rencontres avec des personnalités exceptionnelles, ces cycles de conférences font l’objet d’une publication qui permet d’approfondir et de conserver leurs apports.

Pour la septième édition, l’archéologue Tonio Hölscher ouvre une réflexion sur la vie des images dans la Grèce antique, les pratiques sociales qu’on leur destine et celles qu’elles suscitent. Car au fond, pourquoi les Grecs avaient-ils besoin de leurs images ?

La vie des images grecques

Sociétés de statues, rôles des artistes et notions esthétiques dans l’art grec ancien

par TONIO HÖLSCHER, professeur émérite d’archéologie classique à l’université Heidelberg

Tonio Hölscher dans la galerie des antiques, musée du Louvre © 2015 Léa Crespi.

Tonio Hölscher dans la galerie des antiques, musée du Louvre © 2015 Léa Crespi.

Les Grecs de l’Antiquité ont développé une culture visuelle d’une densité et d’une variété exceptionnelles. Ce cycle de conférences pose une question fondamentale : pourquoi les Grecs ont-ils eu besoin de leurs images ?

Toutes les œuvres d’art avaient une fonction concrète dans les espaces publics à l’intérieur des sanctuaires, des lieux dédiés au politique, des nécropoles, ainsi que dans les résidences privée. Elles constituaient une société d’images qui se présentait aux yeux des vivants avec une force vitale propre. L’étude de la culture sociale des images, des règles et des normes qui régissaient l’interaction entre les vivants et les images, est au cœur de la réflexion menée ici. Il convient, pour en prendre toute la mesure, de se libérer de « l’habitus muséal » moderne au profit d’un concept de « vie avec des images ».

Lundi 1er juin à 19h

Qu’est-ce qu’une image en Grèce ancienne ?

Le rôle social de l’art visuel consiste généralement en trois « catégories » fondamentales : tout d’abord la représentation, afin de rendre dans l’espace vital les formes et les événements pourtant éloignés dans le temps ou dans l’espace ; le décor qui, grâce aux matériaux, ornements ou décorations, dote les objets et bâtiments de la vie culturelle d’une « valeur » et d’un « sens » ; enfin l’image « autonome », qui stimule la réflexion et les débats des observateurs.

En ce sens, les œuvres figurées avaient pour fonction, chez les Grecs, de rendre présents dans les espaces et les situations de la vie sociale, les personnes et les événements nécessaires à l’interaction dans les rituels et les débats.

Le propos de ce cycle de conférences est de montrer comment les concepts de la réalité, et par la-même la pratique de la culture visuelle, se sont transformés au cours du temps.

Jeudi 4 juin à 19h

Une société imaginaire. Aux origines de la cité des images.

Le nouveau départ que connaît l’art visuel grec des VIIIe-VIe siècles av J.-C. est un facteur essentiel de la formation de la polis grecque. Les « villes » se dotent d’espaces publics : les sanctuaires, l’agora et les nécropoles. Les images y ont leur rôle dans la communication avec les dieux, les concitoyens et les morts. Elles sont un élément fondamental dans l’échange de dons qui construit une relation à long terme d’honneur, de faveur et de confiance entre les hommes et les forces supérieures. Les œuvres représentent ensemble l’équilibre vital de la « société conceptuelle ». Dans cette culture archaïque, l’image de l’homme n’est pas singularisée par des caractères individuels mais par des qualités collectives. L’artiste ne se distingue pas dans l’ordre du monde par une créativité individuelle mais grâce au savoir et à la raison.

Lundi 8 juin à 19h

Les forces de l’identité politique et culturelle dans la Grèce classique, triomphe ou risque ?

L’art des Ve et IVe siècles av J.-C. marque un changement révolutionnaire dans l’histoire et la culture grecques, lié à une nouvelle conscience de l’identité collective et individuelle. Les œuvres figurées sont des facteurs actifs dans ce processus mais montrent également la profonde ambivalence de celui-ci : elles appuient les identités et donnent aux communautés un pouvoir collectif, tout en renforçant la distinction par rapport aux étrangers et aux ennemis. Les villes grecques et leurs élites engagent une « guerre des monuments » au nom de l’identité. Une antithèse idéologique de l’identité et du caractère étranger s’est construite en réaction aux Perses, et trouve ses effets dans les images des vases.

Lundi 15 juin à 19h

Du pathos à la multiplication des styles. Pluralité des cultures et sémantisation des formes dans l’art hellénistique et romain.

Au cours des siècles de l’époque hellénistique, le mode de vie et l’art visuel du monde grec perdent de leur homogénéité. À partir du règne d’Alexandre le Grand, les monarques se montrent par l’entremise de monuments qui rendent manifeste leur charisme transcendant et qui les mettent en scène auprès des grandes masses, grâce à des effets spectaculaires. Dans le même temps se constitue, dans les sanctuaires, un ambiente Bilderwelt, un monde d’images ambiant, peuplé de personnages sociaux et mythiques secondaires qui créent une atmosphère émotionnelle.

Au IIe siècle avant notre ère, le renforcement des pouvoirs locaux en Orient et en Afrique ainsi que l’expansion romaine conduisent à un retour à l’art « classique » suivant deux logiques diamétralement différentes : en Grèce, il prend la forme d’une récupération défensive des valeurs propres, pendant que Rome offre une appropriation belliqueuse de la culture grecque. L’ensemble constitue un langage visuel qui utilise les formes hétérogènes de la tradition grecque comme un système sémantique.

Lundi 22 juin à 19h

Pour une archéologie des hommes historiques.

Tonio Hölscher en dialogue avec François Lissarrague, EHESS, Paris et Emmanuelle Rosso, Université Paris-Sorbonne.

Poursuite d’un entretien publié dans la revu Perspective. La revu de l’INHA (n°2/2014). Autour de quelques œuvres exemplaires dans un va-et-vient entre regard empirique et vision historique. On reprendra l’analyse de certaines œuvres évoquées lors de leçons précédentes, pour mieux saisir la démarche concrète de Tonio Hölscher, qui passe de l’observation la plus détaillée à un large cadre interprétatif qui, au-delà de la théorie, se veut ancré dans l’histoire. Tonio Hölscher a parfois cherché à mettre en scène le rapport entre le spectateur antique et une œuvre particulière pour en faire le moteur de sa propre analyse, à travers des dialogues fictifs qui dynamisent la relation aux œuvres et les rendent plus accessibles.

Informations pratiques

Horaires

Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18 h, les mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

Tarifs

Accès tarif plein : 6 .

Tarif réduit : 5 €

Tarif solidarité et jeune : 3€

Renseignements

Tél. 01 40 20 53 17 – www.louvre.fr