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juin 2020

Livre. Chercheurs d’épaves

Pour une histoire de l’archéologie navale. Les bateaux et l’histoire, Éric Rieth, Classiques Garnier, 2019, 431 p., 36 €

 

E. Rieth

 

 

Retrouver en 1928 dans le lac Nemi près de Rome deux navires de Caligula ; redonner une âme dans les années 2000 à deux bateaux corsaires échoués au XVIIIe siècle en baie de Saint-Malo ; ou rechercher en 2019 l’épave de la Cordelière, coulée en 1512 en rade de Brest : cela a de quoi faire rêver. Éric Rieth, ancien responsable du département d’archéologie navale du Musée national de la Marine (Paris), montre que le rêve s’appuie sur un corpus scientifique rigoureux qui s’est progressivement affirmé depuis le De re navali publié en 1536 par Lazare de Baïf. Au siècle des Lumières, le philosophe André-François Boureau-Deslandes définit une méthode critique avant qu’Augustin Jal fonde l’École française d’archéologie navale. L’auteur rappelle le rôle de Jean Boudriot et la place dévolue au Drassm (Département des recherches archéologiques et subaquatiques sous-marines) dans la constitution d’une communauté scientifique à la fin du XXe siècle. Quiconque a rencontré des archéologues sous-marins sait que ces hommes et ces femmes sont d’abord des plongeurs. Ce sont aussi des techniciens de la nautical archaeology : une discipline ardue à laquelle cette remarquable étude rend hommage.