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septembre 2012 Afrique du sud

Le squelette d’un jeune australopithèque exhumé

C’est à Johannesburg, en Afrique du Sud, que des scientifiques sud-africains ont mis au jour le squelette «le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme», appartenant à un australopithèque âgé d’un peu moins de deux millions d’années. Son nom? Karabo.
L’histoire de la découverte de Karabo relève de l’anecdote. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de l’université de Wits, dans l’attente d’être analysé. C’est en le déplaçant pour l’embarquer dans un véhicule en juin 2012 qu’un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre. Il a appelé le professeur Lee Berger qui lui a répondu qu’il croyait que c’était une dent d’hominidé. Mais quand le rocher a été scanné, les chercheurs ont eu la surprise de constater qu’il y avait bien plus qu’une dent, plusieurs autres ossements du même individu avaient été fossilisés dans le bloc rocheux qui fait un mètre de diamètre environ.
Il s’agit «presque à coup sûr (…) du squelette le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme», a, depuis, déclaré le professeur Lee Berger, de l’université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg. En 2008, ce dernier avait eu l’idée d’utiliser la fonction navigation en 3D du logiciel Google Earth pour cartographier la position de quelque 130 grottes et d’une vingtaine de dépôts de fossiles présents sur le site du «berceau de l’humanité», un lieu inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000. Au final, près de 500 emplacements de cavités ont été décrits grâce à l’analyse des reliefs. L’un d’entre eux, provenant de la grotte de Malapa, contenait environ 220 fragments d’os ayant appartenu à au moins six Australopithecus sediba différents, une espèce inconnue jusque-là.
Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d’un fémur complet ainsi que de vertèbres et d’autres éléments de membres. Plusieurs observations seraient de nature à remettre en cause certaines théories communément reconnues dans le monde de l’anthropologie, notamment la relation liant la taille du cerveau à celle du bassin. Sur la base des analyses morphologiques, il a néanmoins été admis qu’Australopithecus sebida devait être proche d’Homo habilis et qu’il pourrait même correspondre à l’ancêtre d’Homo erectus.
Australopithecus sediba n’est pas un inconnu pour les scientifiques. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.
La place de Sediba dans l’arbre généalogique de l’espèce humaine n’est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d’Australopithecus africanus, lui-même issu d’Australopithecus afarensis, la famille de la célèbre «Lucy» vieille de trois millions d’années. L’espèce fascine les scientifiques car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu’il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision. L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, le jeune Karabo préférait largement le bois et les écorces d’arbre.

Source Archéothéma