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avril 2022

France. Presque 10 000 ans d’histoire à Cercy-la-Tour (58) !

Vestiges du Mésolithique au Moyen Âge sur le site des “Fourneaux”

C’est en préalable à l’extension des activités de l’entreprise Cassier qu’une fouille archéologique s’est déroulée au sud de Cercy-la-Tour (Nièvre), au lieu-dit « Les Fourneaux ». Cette opération apporte de nouvelles et solides données sur le lointain passé des lieux. Un passé aux allures de zone de chasse, puis, sept millénaires plus tard, de vie de campagne avec une ferme gauloise, un hameau gallo-romain et des fours du haut Moyen Âge.

 

Vue générale du site en direction du nord. Au fond, la route de Decize et l’entreprise Cassier. © Archeodunum SAS.

Vue générale du site en direction du nord. Au fond, la route de Decize et l’entreprise Cassier. © Archeodunum SAS.

 

Plan général sur fond de vue aérienne © Google Earth.

Plan général sur fond de vue aérienne © Google Earth.

 

À la recherche des Gallo-Romains

La fouille se positionne directement au sud de la route de Decize, qui traverse la commune d’est en ouest. L’opération était motivée par l’agrandissement des locaux de l’entreprise de transport Cassier, un projet accompagné par Nièvre Aménagement. C’est à la suite de la détection de vestiges gallo-romains, du IIIe siècle apr. J.-C. en particulier, que le Service régional de l’archéologie a demandé l’exploration d’un hectare de terrain.

 

Coupe d’une fosse mésolithique, avec sa forme caractéristique dite « à téton », due au surcreusement que l'on perçoit au centre. © Archeodunum SAS.

Coupe d’une fosse mésolithique, avec sa forme caractéristique dite « à téton », due au surcreusement que l’on perçoit au centre. © Archeodunum SAS.

 

Colluvions et intempéries

L’emprise occupe un bas de pente, bordé à l’est par un ancien vallon. Cette configuration a engendré de forts colluvionnements recouvrant et séparant les vestiges. Les conditions météorologiques particulièrement éprouvantes durant la fouille (du 25 mai au 23 juillet 2021) ont permis de prendre la mesure de l’ampleur et de la rapidité de ces phénomènes.

450 vestiges et 10 000 ans d’histoire

Le site a été décapé à l’aide de pelles mécaniques afin d’atteindre le toit des vestiges. Sur la totalité de la surface, Jonathan Javelle et son équipe ont documenté près de 450 structures, couvrant une période chronologique plus large qu’attendue, allant du Mésolithique au Moyen Âge.

De bien étranges fosses

Les premiers indices d’occupation remontent au Mésolithique, une période de transition qui voit l’émergence des premiers agriculteurs. Il s’agit de quatre fosses dites « à téton ». Ce nom est lié à leur forme, un creusement circulaire large et profond (environ 1,80 m de diamètre pour une profondeur de 1 m), prolongé en son centre par un étroit creusement. Leur fonction peut être liée à la chasse en tant que piège, le surcreusement ayant éventuellement été pratiqué pour y installer un pieu. Des datations au carbone 14, réalisées après la fin de la fouille, ont donné une fourchette chronologique comprise entre 7 350 et 6 800 av. J.-C.

Les Gaulois sont dans le vallon

C’est dans la zone du vallon, à une profondeur de plusieurs mètres, que plusieurs éléments suggèrent une occupation de la fin de la période gauloise. Quatre trous de poteau particulièrement massifs, de 1,40 m de diamètre pour 1,20 m de profondeur, dessinent l’ossature principale d’un bâtiment sur poteaux porteurs. Il s’agit d’un modèle de bâtiment largement documenté par ailleurs, mais qui apparaît pour la première fois dans la région de Cercy-la-Tour. Cet ensemble est notamment complété par des fossés. Les amphores et la céramique qui en sont issues sont attribuables à la fin de la période gauloise (Ier siècle av. J.-C.).

 

La chambre de cuisson du four de potier. © Archeodunum SAS.

La chambre de cuisson du four de potier. © Archeodunum SAS.

 

À l’époque gallo-romaine, un hameau et un potier

C’est la période antique qui est la mieux représentée, avec un mobilier abondant et de nombreuses structures fossoyées (trous de poteau, fosses et fossés). Plusieurs ensembles de trous de poteau semblent former des plans de bâtiments : dans la partie basse du site, c’est ainsi un long bâtiment de douze poteaux de 13 m sur 6 m qui se dessine.
En amont, nos archéologues ont documenté un four de potier bien conservé, avec sa fosse de travail, son alandier et sa chambre de chauffe équipée de piles maçonnées. L’ensemble paraît avoir fonctionné durant la période antique, entre le IIe et le IIIe siècle apr. J.-C.

 

Fragment de tuile avec une empreinte de pied d’enfant. © Archeodunum SAS.

Fragment de tuile avec une empreinte de pied d’enfant. © Archeodunum SAS.

 

 

Traces de pattes de chat et de chien sur une tuile. © Archeodunum SAS.

Traces de pattes de chat et de chien sur une tuile. © Archeodunum SAS.

 

Six fours à pain du haut Moyen Âge ?

Enfin, six autres fours creusés dans le sol ont été dégagés. Il pourrait s’agir de fours à pain. Leur forme semble renvoyer à une datation au Haut Moyen Âge. Aux alentours, de nombreuses empreintes de poteau évoquent la présence de bâtiments.

Et après ?

La fouille étant terminée, l’aménageur a récupéré son terrain pour y mettre en œuvre son projet. Côté archéologie, une dizaine de nos experts va analyser l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.). La céramique, les objets en métal et les ossements vont être étudiés pour parvenir à dater le site et comprendre ses fonctions. Tous les résultats seront rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté, qui permettra de mieux comprendre comment vivaient nos ancêtres plus ou moins lointains aux abords de Cercy-la-Tour.