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Nishimura Shigenobu (act. 1729-1739) Les trente-deux traits féminins (élément d’un triptyque) Epoque Edo, entre 1729 et 1739 Couleurs posées au pinceau, urushi-e Signature de l’auteur Cachet de l’éditeur Urokogataya Legs Isaac de Camondo, 1911 – EO 1708 © DR. MNAAG, Musée national des arts asiatiques-Guimet.
janvier 2014

Exposition d’estampes japonaises au musée Guimet de Paris

La couleur dans l’estampe japonaise

Exposition présentée au Musée national des arts asiatiques -Guimet, Rotonde 2e étage

du 22 janvier au 10 mars 2014

Accès avec le billet du musée

Le musée national des arts asiatiques -Guimet consacre régulièrement des expositions explorant son exceptionnel fonds d’estampes japonaises riche de 11 000 œuvres. Deux expositions seront présentées chaque année pour une durée respective de trois mois chacune. À travers chacune d’entre elle, Hélène Bayou, conservateur en chef, chargée des collections japonaises, explore un aspect particulier de ce remarquable ensemble que cela soit sous l’angle monographique, technique, thématiques ou historique.

Le thème de l’exposition du début de l’année explore la thématique de l’apparition de la couleur dans l’estampe et en décline les évolutions techniques. La rotation d’été sera monographique. Elle abordera l’œuvre de Suzuki Harunobu (vers 1725-1770), célèbre artiste de l’ukiyo-e et maître incontesté de la couleurs et des « estampes de brocart ».

De l’estampe monochrome  aux « images de brocart »

Au début du XVIIe siècle  on assiste au Japon à une renaissance de la gravure sur bois jusqu’alors centrée sur les images religieuses (Ofuda). Le mouvement Ukiyo-e, « Images du Monde Flottant », se caractérise par le développement, inédit, de la peinture de genre sur des supports variés : paravents, rouleaux et calendriers. Des couleurs contrastées, une exubérance des attitudes et des expressions, un essai de transcription des matières caractérisent son style.

Le développement de cette peinture de genre accompagne l’essor économique d’Edo, capitale depuis 1603. Elle donne naissance à des feuilles d’estampes (ichimai-e) dont les sujets privilégient le portrait – héros légendaires, acteurs ou belles femmes -, les scènes de genre et l’illustration de romans historiques classiques ou contemporains. À Edo, l’essor du livre imprimé illustré (ehon) accompagne celui d’une littérature populaire : recueils poétiques, romans ou guides. La technique retenue est alors celle de l’impression monochrome à l’encre de Chine (sumizuri-e).

Les premiers artistes de l’estampe à user de la couleur sont, au XVIIe siècle, Hishikawa Moronobu, fondateur du genre, et Nishikawa Sukenobu. Ils sont suivis au début du XVIIIe siècle, des peintres de l’école Kaigetsudô, dont l’atelier est situé près de la porte de Yoshiwara, quartier des plaisirs à Edo.

Une première mise en couleurs des illustrations, après 1615, use d’un rouge-orangé (tan) qui sera remplacé vers 1740 par un pigment rouge rosé d’origine végétale (beni). Tout le XVIIIe siècle est scandé par la rapide diversification des effets colorés : vers 1730, ajout d’un noir laqué (urushi-e) pour les chevelures, les ceintures (obi), les détails mobiliers. Au rouge beni est associé, vers 1740,  un pigment vert d’origine végétale.

Une nouvelle phase coïncide avec l’abandon du pinceau et l’emploi de blocs d’impression. Grâce à l’usage progressif d’un repère (kentô) sur chaque planche d’impression, permettant un repositionnement parfait, la polychromie ne connaît plus de limites. Les benizuri-e, estampes imprimées de deux ou trois couleurs vers 1750, ne sont qu’une étape éphémère avant l’avènement en 1765 de véritables images polychromes, dites « images de brocart »  (Azuma nishiki-e).

Attribuée à Suzuki Harunobu, la paternité de ces images dites de brocart (Azuma nishiki-e), par analogie au moins visuelle avec le chatoiement des tissages de soie de Nishijin et de la région de Kyôto,  reste l’apanage revendiqué d’Edo ; elle l’est aussi d’un certain nombre d’artistes sollicités, au plus haut degré de leur talent, par des mécènes férus d’improvisation poétique (haiku), commanditaires de leur délicate mise en image. Les images de calendriers lunaires egoyomi, éditées à titre privé entre 1764 et1766 par Harunobu et son cercle, constituent de même un archétype de l’estampe polychrome en tant qu’image codée, porteuse d’allusions littéraires ou mythologiques.

Commissariat : Hélène Bayou

Informations : www.guimet.fr