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juillet 2020

Découvertes rarissimes d’animaux préhistoriques en Allemagne

À quoi ressemblait l’Allemagne pendant la Préhistoire ? D’exceptionnelles découvertes archéologiques et paléontologiques permettent de dresser un tableau des paysages et des habitants qui peuplaient l’Europe centrale. Ces recherches démontrent l’importance des changements climatiques dans l’évolution de la biodiversité.

 

Découverte d'un cadavre d'éléphant au bord du lac de Schöningen. Benoït Clarys / Eberhard Karls Universität Tübingen. Dessin DR.

Découverte d’un cadavre d’éléphant au bord du lac de Schöningen.
Benoït Clarys / Eberhard Karls Universität Tübingen. Dessin DR.

 

 

 

 

Le squelette presque complet d’un éléphant

Il y a quelques semaines à peine, les archéologues du Centre Senckenberg de l’Université de Tübingen, en collaboration avec l’Office de protection des monuments historiques du Land de Basse-Saxe, annonçaient avoir trouvé sur le site de Schöningen, entre Madgdebourg et Braunschweig, un bâton de jet qui servait d’arme de chasse à l’homo heidelbergensis habitant cette région au Paléolithique. Une nouvelle découverte vient confirmer la richesse de ce site : le squelette presque complet d’un éléphant à défenses droites eurasien (Paleoloxodon antiquus) datant de 300.000 ans. Si d’autres traces fossiles d’au moins dix éléphants y ont déjà été retrouvées au cours des dix dernières années, c’est la première fois qu’autant d’éléments dans un aussi bon état permettent de dresser un tableau de la région, de son paysage et de ses habitants, comme le rapportent les archéologues dans la revue Archäologie in Deutschland.

Le site de Schöningen est une ancienne mine à ciel ouvert qui, depuis 25 ans, délivre des trésors dans un extraordinaire état de conservation, favorisé par des sédiments saturés d’eau car l’emplacement était autrefois recouvert par un lac. Les archéologues y ont aussi bien retrouvé des éléments organiques de la flore et de la faune (bois, pommes de pin, coquilles d’œufs et carapaces d’insectes), que des traces de présence humaine apportant la preuve d’une intense activité de chasse de l’Homo heidelbergensis, avec la découverte des armes de chasse complètes les plus anciennes du monde : dix épieux de bois et au moins un bâton de jet.

Le climat était alors proche de celui d’aujourd’hui, à la différence que les animaux sauvages y étaient fort nombreux, puisqu’on a retrouvé les traces d’une bonne vingtaine de grands mammifères : éléphants, lions, ours, smilodons (grands félins, dits à dents de sabre), rhinocéros, bisons, chevaux sauvages et autres ongulés. Une « richesse en animaux sauvages qui ressemblait à celle de l’actuelle Afrique » selon le directeur des fouilles, Jordi Serangeli.

Le squelette de l’éléphant qui fait aujourd’hui sensation se compose de ses défenses, longues de 2,3 mètres, de sa mâchoire inférieure, de plusieurs côtes et vertèbres, des os de trois jambes et des cinq os hyoïdes (situés au-dessus du larynx). L’analyse de ces os a pu déterminer qu’il s’agit très certainement d’une femelle, déjà âgée car ses dents sont assez usées, qui mesurait 3,2 mètres et pesait 6,8 tonnes environ, ce qui la rend plus imposante que l’actuel éléphant d’Afrique. L’archéozoologue Ivo Verheijen suppose qu’elle est morte de vieillesse, car les éléphants malades ou âgés vont souvent vers le bord de l’eau pour s’immerger, ce qui leur permet de s’abreuver plus facilement et d’atténuer l’effet de la pesanteur.

 

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