Panier

Chargement en cours ...

février 2021

Découverte surprenante au Musée archéologique de Séville

Le travail effectué à l’intérieur du musée a permis de localiser une pièce unique, d’une valeur extraordinaire, dont il existe peu d’exemples dans le monde.

Le Musée archéologique de Séville a identifié un flabellum romain, sorte d’éventail (pai pai), aux caractéristiques uniques par sa taille et son état de conservation, une découverte qui provient en fait de fouilles effectuées en 2005 à proximité de l’Ensemble archéologique d’Itàlica¹, dans l’Avenida de Extremadura à Santiponce, à environ 7 km de Séville.

Comme le précise une déclaration du ministère de la culture et du patrimoine historique, les travaux d’étude et de catalogage de la collection du musée, menés en vue de la réhabilitation complète de son bâtiment, ont permis de localiser cette pièce unique d’une valeur extraordinaire, dont il existe peu d’exemplaires dans le monde : un éventail romain (« flabellum ») en ivoire, en forme de cocarde, daté vers la fin du IIIe siècle après Jésus-Christ.

 

Les deux branches en ivoire de la monture du flabellum d'Itàlica réexaminé dans le musée de Séville. DR.

Les deux branches en ivoire de la monture du flabellum d’Itàlica réexaminé dans le musée de Séville. DR.

Cette pièce singulière a été déposée en guise d’adieu, comme offrande finale, sur un sarcophage en plomb d’une femme de 40 à 50 ans et de 1,58 mètre de haut, très probablement vêtue d’un riche vêtement, vu les petits fils d’or découverts à l’intérieur.

Les matériaux issus de cette fouille ont été déposés au Musée archéologique de Séville pour y être étudiés. Le travail de catalogage réalisé par l’équipe de conservateurs du musée a maintenant permis de résoudre l’énigme de ces deux pièces d’ivoire de plus de 30 centimètres, qui présentent un grand trou dans la partie supérieure avec des restes de ce qui pourrait être de la feuille d’or (ce qui indiquerait la richesse de la décoration de l’objet), une zone intermédiaire trapézoïdale et des extrémités pointues.

« Nous avons été très frappés par l’apparition de deux éléments identiques sans utilisation définie sur un sarcophage en plomb », explique la conservatrice chargée de l’archéologie, Julia Herce. « Nous avons ouvert une enquête, avons étudié en détail les pièces (morphologie et matériaux, principalement) et nous avons consulté d’autres musées pour pouvoir déterminer qu’il s’agissait de l’un des plus grands éventails romains conservés jusqu’à présent », souligne-t-elle.

Le flabellum est en bon état, bien qu’il soit partiellement fragmenté. Ainsi, il conserve une partie des tiges, et dans le creux intérieur, il y a des restes de ce qui pourrait être une feuille d’or collée à l’une des parois. La feuille, qui était collée à la monture composée de deux tiges, a complètement disparu car elle était de nature organique, probablement du papyrus.

La Junta de Andalucía souligne qu’il s’agit d’une « pièce très singulière  » car il existe peu d’exemplaires connus dans tout l’Occident romain (moins de dix), et se distingue par sa taille, « l’une des plus grandes connues ». Il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une pièce importée, compte tenu de sa qualité exceptionnelle. Elle révèle également le rang social de la personne inhumée, ainsi que des informations importantes sur les structures sociales de la ville d’Itàlica à l’époque romaine.

La directrice du Musée archéologique de Séville, Marisol Gil de los Reyes, a indiqué que « le Musée effectue un tri et un classement constants ; et dans ce contexte de révision, avec la perspective de transférer les collections les plus délicates dans des zones de réserve spécialisées, des consultations ont été entamées pour un meilleur classement, et cette pièce unique (…) a été reconnue : un éventail exceptionnel par la taille et la qualité de sa fabrication ».

« Une fois reconnus et en contact avec d’autres musées, nous avons amélioré nos connaissances et réévalué cette pièce comme l’un des plus grands éventails conservés jusqu’à présent. Il a été nettoyé et légèrement consolidé, entrant dans l’une des réserves les plus spéciales du musée : celle des matières organiques, avec les meilleures conditions de conservation recommandées », a-t-elle ajouté.

L’éventail romain rejoint désormais les pièces exceptionnelles qui ont été mises en valeur lors du transfert de la collection du Musée archéologique de Séville :  la mosaïque de l’enlèvement d’Europe trouvée en 1886 et non exposée depuis les années 1940 ; le sol en pisé du sanctuaire d’El Carambolo, avec des restes de la polychromie originale ; et deux sarcophages d’enfants en plomb avec une belle décoration extérieure.

Source : d’après El Correo du 30 janvier 2021.

Note

1. La ville d’Itàlica, en Andalousie, a été fondée en 206 av. J.-C. par Publius Cornelius Scipio, dit l’Africain, d’abord comme lieu de convalescence pour les légionnaires blessés à la bataille d’Ilipa contre les Carthaginois, lors de la deuxième guerre punique, puis comme lieu de résidence de vétérans. C’est aussi la ville de naissance des empereurs Trajan et Hadrien. NDA.