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avril 2020

Découverte d’une tombe étrusque en Corse

Aleria (Corse). Tombe étrusque d'une femme inhumée avec un matériel funéraire exceptionnel. Photo Inrap. DR.

Aleria (Corse). Tombe étrusque d’une femme inhumée avec un matériel funéraire exceptionnel. Fin IVe s. av. J.-C. Photo Inrap. DR.

 

 

L’Inrap a réalisé au cours des derniers mois plusieurs fouilles importantes en Corse. Parmi elles figure une découverte majeure, celle d’une nécropole romaine et étrusque à Aléria. Cette fouille d’archéologie préventive a permis de mettre
notamment au jour une exceptionnelle tombe étrusque de la fin du IVe siècle avant notre ère. Très riche, celle-ci contenait un mobilier de prestige. Plus de deux cents objets ont été inventoriés. Aujourd’hui l’étude continue en laboratoire et se révèle surprenante.

Au cœur de la tombe étrusque

Dans une tombe en hypogée, la défunte reposait sur le dos, tête inclinée côté gauche et les bras le long du corps. Elle était parée d’une paire de boucles d’oreille d’or, de deux anneaux en or et alliage cuivreux aux doigts. Elle était entourée d’une quarantaine de récipients en céramique. Près de sa tête, les archéologues ont trouvé, à gauche, deux grands skyphoi – sorte de gobelets à grandes anses – et, à droite, une petite cruche (lécythe aryballisque). Le long de la jambe droite, se trouvent un autre skyphos et trois œnochoés (cruches à vin) décorées de visages féminins. Toutes ces céramiques peintes sont des productions d’Étrurie et sont datées du IVe siècle avant notre ère. Deux vases à parfum (des alabastres) reposent sur les pieds de la défunte et, à leur gauche, des petites coupes à vernis noir, deux miroirs en bronze et un askos (vase à versoir latéral) à tête noire ont été entassés. Enfin, une dizaine de coupes de diverses formes et différentes tailles sont alignées le long du flanc gauche de la femme. L’étude de ce mobilier exceptionnel, dont la conservation a fait l’objet d’une attention toute particulière, permettra de mieux comprendre les pratiques funéraire étrusques.

Nouvelles découvertes

Vingt-deux céramiques dont les œnochoés et les skyphoi ont fait l’objet d’analyses par tomodensitométrie. Cette technique de scanner profond par rayon X rend compte, de manière non-intrusive, des différents éléments et matériaux qui composent un amas dense et en restitue une image virtuelle en trois dimensions. Les premiers résultats de ces analyses révèlent des surprises : un des grands skyphoi contient une coupelle et un petit skyphos possède un objet difficile à définir. L’une des coupelles entassées près des pieds de la défunte présente un petit anneau en bronze, le cinquième issu de la tombe. Cet anneau est le seul élément restant d’un contenant en matériau périssable, tissu ou vannerie par exemple, depuis longtemps disparu. Enfin un alabastre contient une tige de métal. Peut-être une aiguille à
parfum ou en onguent…
Les recherches vont prochainement se tourner sur les deux miroirs exceptionnels en bronze et à manche d’os. Très abimés par les siècles, ils pourraient révéler quelque scène de bain ou de déesse.

 

Source : Inrap, avril 2020.