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février 2018

Découverte de la tombe d’une prêtresse égyptienne

C’est au sud du Caire que des archéologues égyptiens ont mis au jour une tombe privée de l’Ancien Empire (2700-2200 av. J.-C.) dans une nécropole proche du plateau de Gizeh et de ses fameuses pyramides. Selon le ministre des Antiquités, Khaled al-Anani, il s’agit de la première découverte dévoilée de l’année 2018.

 

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

 

D’après les inscriptions gravées sur le bassin de purification de la chambre funéraire, la tombe a été construite pour une prêtresse de  la Ve dynastie (2510-2460 av. J.-C.), du nom de Hetpet, qui était déjà connue des égyptologues par d’autres sources. Elle paraît avoir eu un lien très fort avec le palais royal, et il est possible qu’elle ait été apparentée à la famille régnante. Cette femme de haut rang était au service de la déesse Hathor, la Vache céleste et la mère universelle, déesse de l’amour, de la musique et de la joie, représentée par une vache ou une femme aux oreilles de vache, portant sur la tête le disque solaire entre ses deux cornes. Lors d’un entretien donné à la presse, Mostafa Waziri, secrétaire général du conseil suprême des Antiquités, a précisé que la tombe était très bien conservée et qu’elle était ornée de peintures représentant des scènes traditionnelles : des animaux paissant, des parties de pêche, de chasse et de cueillette menées, notamment, par Hetpet en personne, la capture d’oiseaux, des scènes d’offrandes et de sacrifices, des représentations de soldats, ou encore Hetpet assise devant une table recevant les offrandes de ses enfants.

Les peintures représentent également des artisans travaillant le métal ou fabriquant des navires de cuir ou de papyrus, un combat entre marins et des personnes en train de danser ou de jouer d’un instrument. On peut remarquer parmi ces personnages plusieurs singes apprivoisés, adoptés à l’époque comme animaux domestiques, dont deux sont représentés dans un thème particulièrement rare. Le premier singe cueille des fruits, dans une scène rappelant celle de la tombe de Khnoum Hetep II, à Beni Hassan (XIIe dynastie, 1991-1785 av. J.-C.). Le second est dépeint en train de danser devant un orchestre. « Ce type de scènes est rare (…). Il a seulement été trouvé dans une tombe (datant de l’Ancien Empire) où une peinture montrait un singe danser devant un guitariste et non devant un orchestre», a précisé M. Waziri. C’est en effet le cas d’une peinture de la tombe de Ka-Iber, à Saqqarah (2700-2200 av. J.-C.).

 

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

 

Le style architectural de la tombe, ses décorations, ses peintures murales colorées ainsi que son entrée menant à une pièce en forme de L, avec un bassin de purification, sont propres à cette époque, selon le ministère.

Il n’est pas du tout exclu que les fouilles menées dans cette zone ne réservent pas encore de belles découvertes car ce qui est remarquable, c’est que ces travaux d’excavation, qui avaient commencé en octobre 2017, se sont déroulés sur un terrain déjà maintes fois retourné depuis le début de fouilles officielles en 1843.  En 1909, plusieurs blocs de la tombe qui vient d’être mise au jour avaient été d’ailleurs exhumés par un explorateur britannique et envoyés à Berlin et à Francfort. Et pourtant ce secteur ne cesse de livrer de nombreuses surprises. « C’est une zone très prometteuse. Nous pensons y trouver beaucoup d’autres choses », a déclaré avec enthousiasme le docteur Waziri. Rappelons que la découverte de la tombe de Toutankhamon, en 1922, par Howard Carter, est principalement due à l’obstination de l’archéologue-dessinateur anglais qui, nonobstant les très nombreuses fouilles menées dans la vallée des Rois qui laissaient peu de chance de découvrir une nouvelle tombe, aboutit à la mise au jour de celle du jeune pharaon de la XVIIIe dynastie, une tombe (presque) intacte !

 

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

 

 

 

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

© Conseil suprême des Antiquités. DR.

 

L’Égypte a, ces deux dernières années, donné son feu vert à plusieurs projets archéologiques dans l’espoir de trouver de nouveaux trésors, au moment où le secteur touristique, un des piliers de l’économie, peine à véritablement décoller, en raison de l’instabilité sécuritaire et politique du pays.

 

Bruno Bioul