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décembre 2015

Appel à communication

Du dialogue des cultures au décloisonnement des disciplines.
L’œuvre de Gilbert Gadoffre en perspective

Colloque international
Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM)
13-14 octobre 2016 à Paris et Marne-la-Vallée

Appel à communications

En 1994, un an avant sa disparition, l’historien de la culture et critique littéraire Gilbert Gadoffre a fait don d’une partie de sa bibliothèque à la jeune Université de Marne-la-Vallée. Il souhaitait que ses livres rejoignent ceux de l’économiste François Perroux (1903-1987) et ceux du linguiste Maurice Gross (1934-2001), déposés respectivement à l’ISMEA et à l’Institut Gaspard Monge (UPEM). Avec Perroux, qu’il avait bien connu pendant la guerre, Gadoffre avait fondé dès 1969, en compagnie du mathématicien André Lichnérowicz, le séminaire interdisciplinaire du Collège de France. Avec Gross, rencontré grâce à l’entremise d’un académicien des sciences hors normes, Marc-Paul Schutzenberger, il avait entretenu une fructueuse amitié intellectuelle. La conjonction de ces collections d’ouvrages sur un même campus, devait favoriser la naissance d’un « foyer de culture », tel que Gadoffre en avait esquissé le projet avec Hubert Beuve-Méry, Joffre Dumazedier, Jean-Marie Domenach et Simon Nora, dans deux ouvrages parus au Seuil en 1945 : Vers le style du XXe siècle et Bibliothèque de Jeunes. En 2008, Mme Alice Gadoffre a donné à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée la seconde partie de la bibliothèque de son mari. L’université dispose désormais d’une collection unique d’ouvrages portant principalement sur la Renaissance et l’histoire culturelle de l’Europe, mais aussi sur la Chine et quantités de domaines renvoyant à la curiosité intellectuelle foisonnante de Gilbert Gadoffre.

Les équipes de recherche ACP et LISAA, en association avec le Collège de France et l’Institut de France, ont décidé de consacrer un colloque interdisciplinaire à la figure de Gilbert Gadoffre et à la portée épistémologique de son œuvre. Une telle entreprise souhaite souligner la diversité des perspectives ouvertes par cet « humaniste révolutionnaire »  tout en réinterrogeant son apport original à l’histoire intellectuelle du second XXe siècle. Une première ligne de réflexion se penchera sur la concordance des temps souhaitée par Gadoffre entre le fanatisme des guerres de religion du XVIe siècle et la barbarie totalitaire du XXe siècle. C’est en effet en 1943, alors même qu’il travaillait à l’éducation politique du maquis du Vercors que Gadoffre commença d’étudier l’Humanisme. Il y trouvait l’antidote intellectuel à l’irrationnel nazi sur lequel il réalisa à la même époque une note secrète pour l’Intelligence Service.
Une deuxième ligne de réflexion portera sur le dialogue des cultures, corollaire obligé à l’humanisme de combat qu’il souhaita promouvoir dès la guerre, pensant comme d’autres que les peuples avaient désormais droit à la culture. Un dialogue des disciplines, d’abord, entre l’esprit de finesse et l’esprit de géométrie qu’il conçut toujours comme source d’enrichissement mutuel. En témoigne le bel ouvrage de mélanges “Vérité poétique et vérité scientifique” qui lui fut offert en 1989 au Collège de France par Yves Bonnefoy, André Lichnérowicz et Marc-Paul Schutzenberger. Un dialogue ensuite entre les civilisations, nourri constamment, depuis ses premiers travaux sur la Chine de Paul Claudel  jusqu’à la réflexion, au soir de sa vie, sur Les sagesses du Monde .
Une troisième ligne de réflexion abordera l’histoire intellectuelle du second XXe siècle. Celle de la reconstitution voulue par Gadoffre, dès 1947, d’une « république des lettres » européenne. La réconciliation franco-allemande ne fut-elle pas l’éternelle obsession de ce grand résistant, anglophile impénitent ? On envisagera aussi son tropisme marqué pour la Californie des mouvements étudiants de l’Affirmative Action qui lui fit comprendre dès 1965, alors qu’il enseignait à Berkeley, que la France pourrait bientôt connaître un mouvement étudiant de grande ampleur. Enfin, il faudra évoquer les projets et réalisations institutionnelles de l’après-guerre et du second XXème siècle. Celles qu’il envisagea en 1945 avec ses frères d’armes survivants du maquis du Vercors et du Sidobre : entre autres, une Ecole Nationale d’administration, des Maisons de la Culture et un Institut Collégial qui verra le jour sous sa conduite dans l’Abbaye de Royaumont, renouant avec les entretiens de Pontigny de Paul Desjardins . Il conviendra aussi d’évoquer les projets d’université nouvelle qu’il appela de ses voeux dès le début des années 1950 dans une série d’articles au vitriol, parus dans Le Monde, et sa volonté de faire dialoguer les disciplines dans des colloques et des séminaires d’un genre nouveau.

En somme, ce colloque souhaite étudier la portée d’un projet humaniste inscrit dans son temps, ne dissociant jamais action et réflexion, en le resituant dans l’histoire intellectuelle et académique du second XXème siècle et en analysant sa portée épistémologique.

Les communications proposées pourront s’inscrire dans les quatre axes thématiques suivants :
Axe 1 : La contribution de Gilbert Gadoffre à la connaissance des Renaissances européennes et à l’actualisation de la pensée humaniste.
Axe 2 : Les propositions de Gilbert Gadoffre relatives au dialogue des cultures, qu’il s’agisse du désenclavement des civilisations ou du défi de l’interdisciplinarité.
Axe 3 : L’apport de Gilbert Gadoffre à la reconstitution des réseaux intellectuels européens après-guerre, de l’horizon premier de la réconciliation franco-allemande et franco-italienne à l’horizon d’attente d’une Nouvelle République des Lettres de dimension planétaire.
Axe 4 : Les propositions de Gilbert Gadoffre visant à mettre la culture au cœur du projet de société de l’après-guerre, de « ses » maisons de la culture, au séminaire interdisciplinaire du Collège de France en passant par ses réflexions sur la réforme universitaire.

Envoi et choix des propositions
Les propositions de communication doivent être envoyées en français ou en anglais (fichier attaché en format word ou pdf) avant le 16 février 2016 à l’adresse suivante : Gadoffre2016@u-pem.fr

Elles comporteront un titre et un résumé d’environ 2000 signes, les coordonnées complètes de l’intervenant-e (nom, prénom, fonction et rattachement institutionnel, courriel, adresse postale du domicile, téléphone) et une courte biographie.
Les langues du colloque sont l’anglais et le français.

Calendrier

15 février 2016 – Date limite d’envoi des propositions

printemps 2016 – Choix définitif des propositions par le Comité scientifique

13-14 octobre 2016 – Colloque

Comité d’organisation

Pascale Alexandre (UPEM-LISAA)

Jean-Marc Fevret (UPEM-ACP)

Georges Lomné (UPEM-ACP)

Loïc Vadelorge (UPEM-ACP)

Comité scientifique

Hélène Bah-Ostrowiecki (UPEM-LISAA)

Thierry Bonzon (UPEM-ACP)

Pierre Brunel (Académie des Sciences Morales et Politiques)

Claude Bruter (ESMEA, Paris)

François Chaubet (IEP Paris)

Christian Delacroix (UPEM-ACP)

Jean-Noël Fabiani (Hôpital G. Pompidou, Paris)

Charles Galperin (IHPST, Paris)

Pascal Ory (Paris 1)

Dominique Perrin (UPEM/ESIEE)

Philippe Poirrier (Dijon)

Frédéric Saly-Giocanti (UPEM-ACP)

Christine Stotzenbach (UPEM-SCD)

Michael Soubbotnik (UPEM-LISAA)

Caroline Trotot (UPEM-LISAA)

Avec le soutien de l’Institut collégial européen et de la Société Européenne pour les Mathématiques et les Arts (ESMEA).

Contact : Gadoffre2016@u-pem.fr